De nombreux jeux proposés sur internet intégrant une dimension « crypto » offrent la possibilité de dépenser de l’argent ou des cryptomonnaies. Le participant espère en contrepartie gagner un lot ou une somme d’argent.
La question prioritaire et fondamentale que les porteurs de projets doivent se poser est la suivante. Est-ce que le projet constitue un jeu prohibé par la législation en vigueur sur les jeux d’argent et de hasard ?
La justification de cette interdiction de principe est double pour les autorités. En effet, ces jeux sont susceptibles de générer (i) un risque d’addiction des joueurs et (ii) un risque de blanchiment d’argent via les jeux d’argent.
Les principes cardinaux à ce jour sont les suivants:
Les sanctions sont les suivantes :
Dans certaines hypothèses, le joueur peut éventuellement devenir « complice », « recéleur » et risquer des poursuites.
Les mineurs sont interdits de jeux d’argent, même lorsqu’ils sont gratuits, sauf :
La définition légale des jeux d’argent et de hasard est la suivante (L 320-1 CSI).
« Toutes opérations offertes au public, sous quelque dénomination que ce soit, pour faire naître l’espérance d’un gain qui serait dû, même partiellement, au hasard et pour lesquelles un sacrifice financier est exigé par l’opérateur de la part des participants ».
Il s’agit de trois conditions cumulatives.
Il convient de noter que la présence du « hasard » était une 4e condition avant 2014 pour interdire un jeu d’argent. Mais ce n’est plus, en principe, un élément rentrant en ligne de compte depuis 2014.
Il doit y avoir un aléa dans lequel réside le caractère addictif: sans aléa, il ne s’agit plus d’un jeu de hasard mais de l’achat d’un bien ou d’un service.
Le gain doit être évaluable et convertible en argent, c’est à dire en valeur monétaire (e.g. rencontrer une célébrité est un gain ayant une valeur monétaire): sans gain, le jeu est légal.
Est-il par exemple possible de proposer aux gagnants des parties gratuites, points virtuels, monnaie de jeux, nouveaux pouvoirs, meilleur classement, etc. ? Cela ne devrait pas être possible si l’avantage espéré par le joueur est un équivalent financier dans le jeu (monnaie officielle, monnaie virtuelle ayant une valeur financière comme les crypto , etc.).
Le cas de « loot boxes » (contenant des bonus aléatoires) est également intéressant. Ils devrait être interdits sauf si le joueur ne peut en retirer aucun profit économique direct.
Ainsi, le jeu sera illégal dans le cas où les trois conditions suivantes sont remplies:
En pratique, si le site de jeu est accessible au public, le jeu d’argent est illégal. Seules des parties entre amis proches dans un cadre purement privé sont légales.
Le fait de proposer le jeu à un groupe limité de personnes sur la base d’un abonnement, d’une inscription préalable, ou dans le cadre d’un « cercle privé » avec parrainage n’est pas susceptible de transformer l’opération en une offre « à titre privé ». C’est donc interdit.
De même qu’organiser des parties de poker à son domicile n’est pas suffisant. L’ensemble de l’organisation du jeu doit avoir lieu entre des amis proches (Cass, crim, 27 juin 2018, n° 17-83.216)
Sauf s’il est proposé à un mineur, un jeu d’argent gratuit pour le participant est en principe légal.
La notion de sacrifice « financier » est large, et recouvre les réalités suivantes :
Il devrait être envisageable de financer le jeu d’argent et de hasard gratuit par la publicité, souvent en collectant des données personnelles du consommateur. Cependant, cela ouvre le débat en cours sur la détermination de la valeur des données.
Le pouvoir de régulation du marché des jeux d’argent est principalement confié à l’Autorité nationale des jeux (ANJ).
En pratique, l’agrément suppose de coûteux investissements du fait des exigences de la loi française. Les contraintes réglementaires sont fortes pour les opérateurs agréés.
Les CGU, CGV et règlement de jeux étant des contrats d’adhésion, la législation sur les clauses abusives est pleinement applicable.
La lutte contre les sites illégaux est principalement confiée à l’ANJ, et de manière résiduelle à la DGCCRF:
Plus rarement, les sites de jeux illicites, le plus souvent basés hors du territoire français, font l’objet de véritables poursuites pénales.
Une fois la question de la légalité de l’opération en droit des jeux réglée, des questions plus opérationnelles se poseront, par exemple :
Il faut distinguer la situation des joueurs professionnels de bridges et de poker des autres joueurs :
Il faut également tenir compte de l’obligation de déclarer ses comptes bancaires à l’étranger en application de l’article 1649 A, al. 2 du CGI pour les personnes physiques et les sociétés n’ayant pas la forme commerciale, domiciliées ou établies en France. Chaque compte doit faire l’objet d’une déclaration distincte (voir formulaire n° 3916-3916 bis).
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